@xé
libre - Quels ont été
vos débuts dans le cinéma ?
Sophie
Blondy - Avant d'arriver à ma passion qu'est le cinéma, j'ai
fait pas mal de boulots pour vivre, j'ai été serveuse, femme de ménage,
éducatrice, danseuse chez Maurice Béjart. Puis, au début des années
9O, j'ai réalisé des documentaires « sociaux » et engagés
comme « Vivre et travailler » et « la Cité des éboueurs »,
tous deux diffusés sur la cinquième chaîne.
Revenons
à votre long métrage « Elle et lui au 14ème étage ».
Quelle en a été l'idée de départ ?
J'ai
commencé à écrire le scénario au moment
où je terminais une histoire d'amour. Me lancer dans l'écriture
du film a été une thérapie, un besoin de retranscrire des émotions
fortes tout en imaginant des éléments et des personnages qui ne sont pas
autobiographiques.
Vous
avez tourné le film à Amiens ?
Oui,
j'ai habité dans cette ville quatre ans puis je l'ai quittée et en y
revenant pour y faire quelques repérages, j'ai su que cette histoire
d'amour que je voulais raconter se passerait dans cette ville qui m'avait
marquée. Il y a dans cette ville une atmosphère particulière qui
correspond bien à l'action et aux personnages du film.
Vous
incarnez Babeth, l'héroïne...
Au
départ, je voulais que le rôle de Babeth soit interprété par une autre
actrice, mais plusieurs personnes dont Serge Rousseau de Cinéart m'ont
convaincue qu'il fallait que j'interprète moi-même ce rôle. Ca n'a pas
été facile, c'était une double implication à la fois en tant que réalisatrice
et actrice.
Par
ailleurs, il y a beaucoup d'autres personnages dans le film..
Oui,
car même si l'action du film tourne autour du couple que forment Babet et
Ray, j'ai voulu que ce film vive autour d'autres personnages comme Arthur,
le frère (interprété par Guillaume Depardieu ), Michel, le voisin etc..
Comment
s'est passé le tournage ?
Ca
a été un grand moment de ma vie : sur le tournage, il y avait
beaucoup d'énergie, d'enthousiasme, on formait une vraie équipe. Les
conditions de tournage en elles-mêmes n'étaient pas faciles, j'ai tourné
en quatre semaines, dans l'urgence. Mais chaque membre de l'équipe a donné
le meilleur de lui-même et je crois que le film bénéficie de cette
atmosphère et de cette entente.
Bien
que l'histoire raconte la rupture d'un couple, ce n'est pas un film triste
?
Non
pas du tout, il y a même des moments où l'on rit, j'ai mis aussi
beaucoup de tendresse à travers les personnages, les objets. La musique,
très présente dans mon film, apporte une autre dimension, elle fait
partie du récit et n'est jamais illustrative.
Que
représente pour vous , le cinéma ?
Pour
moi, faire un film est un acte spirituel et charnel : il y a beaucoup d'énergie
qui passe. En même temps, la mise en scène est une réflexion sur son
art. L'une de mes références est Robert Bresson, que j'ai eu la chance
de rencontrer: Pour lui, le moindre objet posé sur une table était un
acte réflechi, pensé. Il faisait un cinéma à la fois sensuel et
abstrait. Le cinéma, en fait, c'est de l'émotion, de l'enthousiasme.
Filmer est un acte d'amour, c'est comme l'amour, il faut donner, se
donner. C'est aussi l'art qui regroupe tous les autres.
PROPOS
RECUEILLIS PAR DANIEL CHOCRON
|